CONOMOR, LE BARBE BLEUE DE LA BRETAGNE


Au VIème siècle, le Comte de Plusigner, CONOMOR possédait un château au lieu-dit "La Motte"où l'on peut encore aujourd'hui appercevoir les vestiges ainsi que le rocher où il déposait ses armes en revenant de la guerre.

 

conomor

  

 Il régnait sur toute la Cornouaille et le Poher vers 550 et a connu le fils de CLOVIS, le roi Franc CHILDEBERT 1er.

 

  La capitale de son royaume était Carhaix. Au VI° siècle, l’oppidum gallo-romain de Carhaix, lieu élevé dont les défenses naturelles ont été renforcées au temps des Celtes était encore suffisamment puissant pour qu’un seigneur en fit le point central de ses domaines. Le sanguinaire COMORRE était Tierne de Poher, c'est-à-dire qu’il avait un pouvoir légal et était un agent du pouvoir central représenté, à l'époque, par les francs.

 

Ce surnom de CONOMOR ou COMORRE venait de KONOMOR qui signifie « Le grand chef ». Il régnait en maître sur ses domaines. Sa réputation était effroyable parce qu’il tuait et pillait pour le plaisir. 

 

Voici ce que dit la légende :

 

Le comte de COMORRE, épousa, une femme très belle et très douce. Or, peu de temps plus tard, un devin lui prédit qu'il périrait de la main de son fils. Il crût à la prophétie et prit peur. Lorsque son épouse fût enceinte il lui coupa la tête pour ne prendre aucun risque.

 

Il se remaria cinq fois et tua de la même façon ses épouses dès qu’une naissance était annoncée.

 

Un jour, il se rendit au Monastère d’un saint homme nommé Gildas (futur Saint Gildas et dont le monastère s’appelle depuis Saint-Gildas-de-Rhuys), qui avait pour protecteur, GUERECH, (ou WAROCK) Comte de Vannes. Celui-ci avait une fille, TRIPHINE et quand CONOMOR la rencontra, il fut si épris de sa beauté qu’il alla la demander en mariage à son père.

 

A cause de la réputation de CONOMOR, le comte de Vannes, qui n'osait pas refuser de crainte d'une guerre, demanda conseil à SAINT GILDAS qui imposa à CONOMOR une retraite d’une année pour racheter ses fautes passées. CONOMOR, poussé par l’envie d’épouser TRIPHINE, se montra si pieux et si obéissant pendant un an que Gildas, touché par ce repentir miraculeux, conseilla au Comte de Vannes d’accepter cette union. Le mariage fut célébré avec faste et tout se passa bien pendant plusieurs mois.

 

 

 

Cependant au retour d'un long voyage, CONOMOR surprit dans son château sa jeune épouse occupée à broder un bonnet de nouveau-né. Il apprit ainsi de TRIPHINE attendait un enfant. A cette nouvelle, il se mit dans une colère épouvantable et déclara qu’il allait la tuer et la fit enfermer dans son château.

 

Toutefois, TRIPHINE réussit à s’enfuir mais sa course effrénée dans les bois pour s’échapper fit précipiter l’accouchement et TRIPHINE mit au monde un fils. Prenant son bébé dans les bras, épouvantée, elle reprit sa course.

 

 

Entre temps, CONOMOR avait découvert l’évasion de sa prisonnière. Il se lança à sa poursuite avec ses soldats. Il la rejoignit au sommet d’une colline et lui trancha la tête d’un seul coup d’épée. Il repartit aussitôt dans son château, sans même se retourner, laissant le nourrisson près du cadavre de sa mère, mourir de faim ou pire, être dévoré par les loups !

 

 

Or la légende dit que Dieu ne permit pas ce meurtre. GUERECH, le père de TRIPHINE, miraculeusement prévenu, alerta son ami Saint-Gildas. Ils arrivèrent tous deux à grande chevauchée sur les lieux du crime. L abbé ne dit qu’un mot et TRIPHINE, pourtant décapitée se leva, saisit sa tête d’une main et de l'autre prit son enfant. Elle marcha alors vers le château de CONOMOR suivie par les deux cavaliers.

 

A la porte du château, SAINT-GILDAS somma le meurtrier de recevoir sa femme et son enfant, mais personne ne répondit. Alors, il prit une poignée de terre et la jeta vers les tours qui s’écroulèrent, les courtines s’effondrèrent et le seigneur sanguinaire fut enseveli sous les ruines avec ses hommes d’armes.

 

 Saint-Gildas replaça alors la tête de TRIPHINE sur ses épaules et baptisa l’enfant sous le nom de TRÉMEUR qui, plus tard, devint moine du monastère de Saint-Gildas-de-Rhuys et, à Carhaix, une église lui est dédiée dont portail nord possède une statue qui le représente. On dit aussi qu'à l'age de neuf ans, il rencontra son père. Celui-ci le décapita par surprise mais TREMEUR emporta sa tête sur la tombe de sa mère et survécut grace au miracle de SAINT-GILDAS.

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CONOMOR réussit à s'enfuir. SAINT-GILDAS parcourut alors la Bretagne pour dénoncer les agissements de ce seigneur. Il réussit à réunir en 548 un concile civil et ecclésiastique qui le jugea coupable. Il fut alors excommunié et dépossédé de tous ses biens et se mit à errer en Bretagne.

 

CONOMOR continua pourtant ses exactions. Il tua son frère IONA, roi de Domnonée, et épousa sa veuve. Celle-ci avait un fils, JUDUAL, héritier légitime du royaume de son père. Dépossédé, par son beau-père de ses terres et de ses biens, il livra bataille à CONOMOR dans les monts d'Arrée. C'est lors du troisième combat qu'il le transperça d'un coup de javelot.

 

 

Malgré toutes les précautions de CONOMOR, la prédiction s'était donc étrangement réalisée !

 

 

 

 

 

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ABBAYE DE SAINT TREMEUR

(lecture par image, effectuée de bas en haut et de gauche à droite)

 

1° - Conomor, le tyran sanguinaire, l'épée à la main au côté d'une femme décapitée. Le vitrail révèle la cruauté du personnage.
2° -
Guerech et Saint Gildas s'entretiennent au sujet du mariage de Trifine, fille de Guerech
avec Conomor.
3° - Départ de Trifîne sous les regards protecteurs de
Guerech et Saint Gildas.

4° - Trifine face à Conomor. A la fois alliance et rivalité, le vitrail montre l’ambiguïté de la relation.
5° - Trifine s'enfuit du château de Conomor.
6° - Conomor rattrape Trifine et la tue.
7° - Saint Gildas auprès du corps de Trifine.

8° - Trifine ressuscitée est sanctifiée.
9° - Trifine portant son enfant Trémeur.
10° - Trémeur recevant les enseignements de Saint Gildas

 

 

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