LE TRÉSOR DES TEMPLIERS CACHÉ DANS LA SARTHE ?

 

Dans le département de la Sarthe, à Juillé, il existe une vieille tour près d'un château en ruine. La légende veut que, dans les souterrains du donjon, un caveau dont le mur du fond s’ouvre aux douze coups de minuit le jour de Noël, permet d’accéder à une cavité remplie de richesses.

 

Voici l’histoire….

 

 

A l’époque de la régence. Jean, un laboureur de la paroisse de Juillé, connaissait la cachette du donjon car un parent lui avait transmis un secret de famille : les Templiers avaient caché là une part de leur trésor, avant que Philippe le Bel s'accapare des biens de l'Ordre du Temple de Jérusalem après avoir fait arrêter, brûler sur un bûcher, leur grand Maître Jacques de Molay, en 1314.

 

molay (Jacques de Molay)

 

L'origine de ce secret remontait aux temps des croisades. L'un des ancêtres de Jean, Hubert de Faudoas était page de Guillaume de Beaujeu, un grand Maître de l'Ordre du Temple tué à Saint Jean d'Acre en 1291. Hubert devenu, a son tour, chevalier du Temple fut chargé de la garde du trésor de l'Ordre. Il aurait alors dissimulé l'or du Temple afin de le soustraire aux prétentions royales visant à l'élimination du pouvoir templier. Toutefois, avant d'être lui-même envoyé au bûcher, Hubert de Faudoas avait eu le temps de confier le secret du trésor caché dans les souterrains du château de Juillé à l'un de ses descendants.

 

Il lui aurait dit avoir ramené de Terre sainte, un serrurier arménien qui avait inventé des portes capables de s’ouvrir et de se fermer sans utiliser de clés, uniquement par la vibration émise par un gong ou par une cloche. Par ce procédé, Hubert avait fait aménager un endroit secret dans le caveau de son château de Juillé, dont les parois du fond s'entrouvraient une seule fois dans l'année, au bruit de la cloche de l'église voisine sonnant minuit le jour de Noël. Toutefois, pour empêcher qu'on emporte le trésor, l'ouverture de la cavité ne durait que le temps de la résonance des cloches. Afin que ce secret soit préservé, le serrurier arménien et ses ouvriers avaient été précipités dans les oubliettes du château. Seul l'héritier mâle des Faudoas était dépositaire du secret de l'or des Templiers.

 

 Le trésor déposé là provenait des richesses de l'Ordre, ramenées de l'îlot forteresse de Rouad, en Syrie, au moment où les Croisés étaient chassés de Terre sainte et de l'or que Guillaume de Beaujeu avait rapporté de ses voyages. A la fin du XVIe siècle, Henri IV fit détruire le château de la famille de Faudoas, accusée de conspiration, mais le donjon fut épargné.

 

Plus d'un siècle après cette démolition, Jean Faudoas était le dépositaire du secret de famille. Ses activités de laboureur ne lui permettant plus de nourrir sa famille, il décida d'aller, lors de la prochaine nuit de Noël, récupérer une partie du trésor du Temple afin de vivre plus facilement.

 

Connaissant le risque de rester enfermé dans la cave du trésor, mais ne pouvant, par serment familial, partager son secret, Jean Faudoas demanda à André, son plus proche ami, de venir voir, en cas de disparition le lendemain de Noël, s'il avait laissé une trace de son passage dans le caveau du vieux donjon. Et si cela était, de faire disparaître cette trace et de juré de ne jamais en parler à personne.

 

Quand Noël arriva, André assista à la messe à l'église de Juillé, mais ne vit pas Jean. Le lendemain, Jean n’avait pas réapparu. Fidèle à son ami, il alla, le soir et malgré un froid intense, dans les ruines du château munit d’une torche. Il connaissait le chemin qui menait au caveau du vieux donjon pour l'avoir parcouru pendant sa jeunesse avec Jean. Il alluma sa torche lorsqu'il parvint à l'escalier qui descendait vers les caves sombres de la tour.

 

André remarqua que la dalle qui recouvrait l'un des tombeaux était ouverte, dégageant un passage vers un escalier obscur. Luttant contre sa peur, mais comprenant qu'il s'agissait là de la trace dont avait parlé Jean, André s'engagea dans la descente. Après quelques marches, il pénétra dans une petite fosse vide de toute sépulture. L'explorant alors à la lueur de sa torche, il remarqua qu’au pied du mur se trouvait des bouts de doigts sectionnés à hauteur de la première phalange. Il y avait aussi un calice qui brillait intensément sous l'éclat de la torche, mais il n'y avait rien d'autre.

 

Aux débris sanglants qu'il avait ramassés au pied du mur, André devina qu'un drame s'était déroulé là, et que Jean en était sûrement la victime. Impuissant face au mur et commençant à suffoquer dans la fosse, André ramassa le ciboire, remonta, et referma la dalle du sarcophage afin d'effacer la trace du passage secret. Il sortit du caveau, il se doutait bien que le mur contenait la clé du mystère de la disparition de Jean mais, tenu par son serment, il ne pouvait se parjurer en demandant de l'aide.

 

 Peu de temps après, tourmenté mais décidé à ne pas se parjurer, André décida de se confesser au curé et d'obtenir qu’une messe soit dite à la mémoire de Jean. Pour prix de cette dévotion, il remit le ciboire au curé en lui affirmant que tel était le voeu de Jean avant qu'il disparaisse, mais il ne dit pas un mot sur le passage secret du caveau sous le donjon.

 

Lui-même tenu au secret confessionnel, et ne sachant comment justifier la présence d'un ciboire décoré de pierres précieuses dans sa paroisse, le curé de Juillé remit la coupe à l'évêque du Mans. Surpris de la beauté d’un tel don, l'évêque le fit expertiser par des orfèvres, sans toutefois révéler comment elle lui était parvenue. Mais bientôt des rumeurs circulèrent sans que l'on sache qui les propageait, disant que le Saint Graal venait mystérieusement de réapparaître en terre celtique du Maine. Le ciboire d’André était en effet en moldavite, une pierre classée précieuse, d'une gemme brun vert, qui provient de Moravie où l'on dit qu'elle est d'origine météorite. Or les légendes celtiques du roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde, prétendent que le Saint Graal, qui aurait recueilli le sang du Christ, aurait été taillé dans cette gemme. Ainsi, le ciboire de Juillé entrait secrètement dans la légende. Trouvant trop lourd pour lui le mystère de cet objet brusquement revenu du fond des âges, l'évêque du Mans fit don du précieux calice au Saint Père Benoît XIII, qui venait d'inaugurer son pontificat, mais nul ne sait si l’évêque révéla s’il s’agissait, peut-être là, du Saint Graal.

graal1

 

 Le trésor du Temple est toujours enfoui sous les ruines d'un vieux château. André conserva son secret : il avait vu le Saint Graal. Ses descendants poursuivirent la tradition en transmettant le secret familial de génération en génération.

 

wildduck9